L’utilisation du numérique n’est a priori pas un outil sur lequel nous nous reposons pour recueillir du témoignage surtout quand il s’agit d’un thème très personnel – intime à savoir la parentalité. Et pourtant, la période du confinement nous a tous pris de court et nous a obligée à adapter nos pratiques. La mission étant de recueillir des données (témoignages de parents) et d’aller à la rencontre de personnes de moins de 30 ans résidant à Lorient (projet Jeunes en TTTrans), nous avons dû repenser notre présence sociale à travers les réseaux sociaux.

Ainsi, en partenariat avec le Bureau Information Jeunesse de Lorient nous avons lancé un appel à témoignage en ligne sur Facebook appelant les jeunes parents à témoigner de leur vécu en tant que parents soit via l’évènement Facebook, soit à travers Messenger, soit par email, ou encore sur une ligne téléphonique. Afin de se montrer le plus accessible, nous avons donc fait le choix de démultiplier les possibilités de témoigner. L’idée étant à la fois de s’adapter aux usages du numérique fortement développé chez les moins de 30 ans ainsi que de pallier aux effets du confinement.

📷 Couverture Facebook pour l’appel à témoignage

Bien évidemment, un appel à témoignage en ligne pour qu’il fonctionne demande à être partagé auprès des acteurs de terrain en lien direct avec les premiers concernés. A ce titre, nous pouvons souligner l’implication de la Maison pour Tous de Kervénanec qui à travers son animateur jeunesse, Gorgui Ndione, a fortement relayé cet appel à témoignage auprès des jeunes parents. Les deux moyens de communication privilégiés par les parents ont été Messenger ainsi que l’appel téléphonique.

Voici, à titre illustratif, un des témoignages recueillis sur Kervénanec :

Mère de 24 ans

« J’ai attendu mon enfant au lycée en terminal. Pour moi concilier étude et être parent c’est tout à fait possible avec motivation et persévérance. Je considère que j’ai eu beaucoup de chance car j’ai une famille qui a été beaucoup compréhensive envers moi. J’ai obtenu mon BAC et ensuite j’ai pu continuer mes études en BTS. Cependant, j’avoue que cela n’a pas été facile c’est énormément de responsabilités d’avoir un enfant en étant très jeune, cela m’a fait énormément mûrir en tant que femme. En effet, je pense que sans l’aide de ma famille cela aurait été beaucoup plus compliqué pour moi. A la fin de mon BTS, j’ai décidé de quitter le logement familial, de travailler et d’avoir mon propre appartement. J’ai attendu approximativement 4 mois pour obtenir un logement dans la région de Lorient. A l’inverse, pour les crèches cela a été beaucoup plus compliqué et heureusement ma famille m’a aidé à garder mon enfant pendant que j’étais au travail. Si c’était à refaire je le referais sans hésitation surtout quand vous voyez votre enfant c’est la plus belle chose qui puisse arriver au monde alors je le referais sans hésiter malgré les difficultés ».

En conclusion, bien que la parentalité soit un sujet intime le fait de garantir l’anonymat a permis à certains parents de témoigner. Le témoignage a permis aussi une prise de parole dans un contexte de confinement particulièrement anxiogène pour certaines familles.

En effet, le contexte sanitaire a pu amplifier l’isolement social de certaines personnes et renforcer leurs difficultés, c’est donc un enjeu que de permettre des espaces d’expressions… Aussi, l’utilisation des voies du numérique pour rompre l’isolement et s’adapter aux usages de la jeunesse nous est apparu essentiel. Pour autant, cet usage demande à être réfléchi et médiatisé avec les acteurs de terrain – aux plus proches des réalités – afin de s’adapter aux utilisations variées du numérique.

Chloë BRAND’HONNEUR, Intervenante d’action sociale,
Point Accueil Ecoute Jeunes du Pays de Lorient