Témoignage d’une mère vivant seule avec son adolescente de 15 ans. Interview réalisée au téléphone en juillet 2020 par une professionnelle du Point Accueil Ecoute Jeunes Capjeunes du Pays de Guingamp, qui accompagne cette mère et son adolescente depuis quelques mois, lors d’entretiens familiaux.

« C’était difficile car nous étions ensemble H24. C’était plus compliqué et ma fille était en décalée, comme on vous l’a expliqué, elle dormait la journée et regardait Netflix toute la nuit… c’était compliqué de rester enfermées… Le plus dur c’était les deux trois premières semaines, après on s’est habitué. Il y a eu pas mal de disputes entre nous, mais c’est normal étant enfermées entre quatre murs… et puis on a l’habitude de bouger beaucoup… »

« Le déconfinement a fait du bien, on a pu souffler un peu, ressortir. Avec le recul, ça a été une période difficile, on n’avait jamais connu ça… surtout ne pas pouvoir faire ce qu’on veut. C’est une sorte de surveillance. Le positif c’est qu’on n’a pas été touchées par la maladie ! Si on doit être reconfinées on le prendra différemment, car on l’aura déjà vécu. On saura s’organiser, surtout pour la continuité pédagogique, le suivi des cours pour ma fille. Mais comme on ne sait pas ce qu’il va se passer… Il y a beaucoup de morts…On ne sait pas ce qu’il en sera… Mais c’est encore un frein à tous nos projets, c’est lassant… »

« On ne pouvait pas se déplacer pour se voir, mais on a pu avancer sur les séances, on a pu parler de beaucoup de choses, positives ou négatives. Mais WhatsApp c’est encore mieux. Ça a été un plus pour nous la continuité des séances, et pour moi c’était vraiment un plus car j’avais besoin de parler. Pour moi il n’y avait pas de différence avec les entretiens en face à face, même s’il y avait des fois des problèmes de connexion, mais c’était des séances normales et c’était important qu’on se voit. Ça n’était que positif ! Et puis on n’a vu que vous pendant toute cette période, en dehors de mon père aussi sur WhatsApp. C’est plus intéressant de voir les personnes pour discuter et comme ça on n’a pas coupé le lien social ! C’est que du positif ! »

« En cas de deuxième vague à l’automne ou de reconfinement, on fera comme on a fait pendant deux mois et demi, on s’est habitué comme ça et on sait qu’on pourra continuer à vous voir »

« Quand on a commencé à venir vous voir, on était dans une zone de turbulences, de conflits, de négatif. Ça devenait toxique. Aujourd’hui il y a beaucoup d’évolution dans la relation avec ma fille, ce n’est plus autant catastrophique. Ça va, même si on n’est pas toujours d’accord… On m’a pris en compte moi aussi, pas que ma fille, c’est intéressant…Il y a une bonne évolution, j’espère que ça continuera… »

« Vous nous aidez à chercher le pourquoi du comment, à voir les choses différemment. On a beaucoup évolué grâce à vous, et je ne sais pas comment aurait évolué notre relation si on ne vous avait pas eue […], en négatif sûrement […] car c’était mal parti. Et vous avez pris en compte pas que ma fille mais moi aussi, tout le monde et la relation entre nous. C’est que du positif je vois rien d’autre à dire »

Estelle FEGAR, Thérapeute familiale,
PAEJ Capjeunes du Pays de Guingamp