L’Écoute au cœur des réseaux jeunesse en Bretagne

Le 25 septembre 2025, au Palais des Arts de Vannes, 155 professionnel·les issus de six réseaux bretons se sont réunis pour une journée inédite consacrée à l’écoute : ses pratiques, ses enjeux, ses complémentarités au service de l’accompagnement des jeunes.

Interroger l’écoute : pratiques, postures et enjeux

Faire de l’écoute, être à l’écoute. Distinguer ces deux expressions peut sembler ambitieux tant l’écoute constitue un fondement partagé des métiers engagés auprès des jeunes. C’est pourtant ce défi qu’ont relevé les participants. Interroger ce qu’écouter veut dire, dans l’instant de la rencontre. Être là, attentif à ce qui se dit et à ce qui ne se dit pas. Écouter pour comprendre un parcours, un besoin, une ressource. Écouter pour aider, parfois pour sécuriser, souvent pour permettre au jeune de se reconnaître et de s’entendre lui-même.

Car l’écoute n’est jamais la même selon les cadres, les visées, les missions. Elle se déploie au détour d’un entretien, au fond d’un couloir, lors d’un trajet en voiture ou d’un atelier collectif. Elle s’adresse autant aux paroles qu’aux silences. Elle implique une posture et engage une responsabilité : qu’avons-nous entendu, qu’avons-nous manqué, qu’avions-nous à dire ou à taire pour être justes ? Cette dimension profondément éthique traverse les métiers et relie les pratiques au-delà de leurs différences.

C’est autour de cette écoute plurielle qu’est née l’idée d’une première journée inter-réseaux en Bretagne. Porté par la Région et les réseaux bretons œuvrant auprès des jeunes, le projet s’inscrit dans la volonté de renforcer la coopération entre acteurs, au titre du Plan breton de mobilisation pour les jeunesses de la région Bretagne. Six réseaux étaient pleinement mobilisés : Fédération des centres sociaux, Missions Locales, Information Jeunesse, Union régionale pour l’habitat des jeunes, Maisons des Adolescents et Points Accueil Écoute Jeunes.

Dynamiques interprofessionnelles : articuler les cadres et les pratiques

La matinée a permis aux professionnel·les de se rencontrer en petits groupes et de partager leurs représentations de l’écoute dans leurs organisations. Ces échanges ont mis en lumière des pratiques parfois très contextualisées, et pourtant complémentaires. Un temps d’apport théorique est ensuite venu interroger la légitimité à écouter, la reconnaissance des compétences, et cette frontière si fine entre être à l’écoute et faire de l’écoute.

L’après-midi s’est poursuivie sous forme d’ateliers à partir de situations concrètes vécues sur les territoires. L’objectif était de comprendre ce qui permet une coopération efficace entre structures, ce qui la freine ou la rend fragile, et comment s’appuyer davantage sur les relais existants. Il ne s’agissait ni d’une analyse de pratiques, ni d’une recherche de modèle idéal, mais d’un travail collectif pour mieux articuler les interventions dans l’intérêt des jeunes.

Construire ensemble l’écoute des jeunes

Pour garder la trace de cette pensée en mouvement, une facilitation graphique a accompagné l’ensemble des temps de travail. En clôture, sa restitution visuelle a permis de rendre visible les points d’appui partagés : une écoute vivante, ajustée, en constante réinvention.

Ainsi, ce 25 septembre, il ne s’agissait pas d’écouter les jeunes, mais d’écouter collectivement la manière dont chacun les écoute. Les professionnel·les sont repartis avec de nouvelles clés de compréhension, une meilleure connaissance des réseaux voisins et l’envie de continuer à collaborer.

Les rencontres ne font que commencer. Les réseaux affirment leur volonté de prolonger cette dynamique au service d’une jeunesse qui, elle aussi, se réinvente à chaque instant.

Élise GUYOT

Coordinatrice, Réseau Bretagne PAEJ