L’association SeSAM porte plusieurs PAEJ en Bretagne : Pays de Lorient, de Guingamp, de Morlaix et du Centre Ouest Bretagne. Le Point Accueil Ecoute Jeunes est un dispositif national que nous proposons de présenter dans cet article.


Un Point Accueil Ecoute Jeunes ….

C’est d’abord et dès la réception d’un appel téléphonique, un lieu d’adresse, d’accroche, une proposition faite de destinataire à une personne qui se pose une question, rencontre une difficulté, souffre. Les jeunes âgés de 11 à 25 ans, leur entourage, les professionnels qui interviennent auprès d’eux, peuvent y trouver une écoute spécialisée, décalée de la communication, de toute parole bavarde.

Dans cet abri, on dit ce qui ne peut se dire ailleurs. Cet espace interstitiel permet de se décaler du jugement commun, de tout commentaire et d’aider à mieux dire ce à quoi on a à faire, ce qu’on ne comprend pas de nous-mêmes. Ceci aura un effet grâce au lien authentique et éthique avec un professionnel de l’écoute ayant une compétence éducative, sociale ou psychologique.


Quel accueil ? Quelle réponse ?

Le Point Accueil Ecoute Jeunes est un lieu d’accueil où on ne s’adresse qu’à un seul. Chacun a ainsi accès à sa singularité et ce qui pourra être dit à l’un ne pourra être dit à aucun autre. Il s’agit d’écouter les symptômes et les plaintes de personnes extraites d’un ensemble qui les définit habituellement (les jeunes, les parents, les collégiens…).

Au-delà de l’écoute de sens commun, on prend la responsabilité d’entendre au-delà une question ou une souffrance, on prend le temps d’accompagner une personne pour lui permettre de nommer une difficulté, ce qui fait symptôme, ou de l’orienter vers un lieu où puisse se poursuivre le travail entamé.

La position associative est de ne pas se situer du côté d’un savoir préconçu. Il n’y a pas de mode d’emploi, on se laisse guider par ce que dit la personne pour ne pas plaquer trop vite des solutions ou coacher. C’est permettre de venir parler, en reparler et cheminer.

C’est proposer à un sujet de se séparer de certaines idées qui sinon l’envahissent et entrainent des symptômes, des troubles du comportement ou un manque de disponibilité pour recevoir des apprentissages par exemple. C’est une proposition de déposer ce qui était en souffrance faute de destinataire et qui agitait faute de ne pouvoir être dit.

Proposer une adresse, c’est s’engager à répondre, sinon la plainte est infinie. Et grâce à cette réponse particulière, chaque personne pourra être accompagnée à trouver et assumer sa propre solution. C’est du sur mesure ! Et à chaque sujet son temps de pouvoir traduire en mots ce qui faisait difficulté pour lui, un trop d’émotions ou d’affects.

Parfois, quand une souffrance est trop envahissante, on n’attend pas pour déplier ensemble et entrevoir comment les choses s’articulent. Elle permet d’aborder les impasses mais aussi ce qui se répète, les pistes de solutions qui pourraient se construire. C’est alors une écoute au niveau de l’énonciation qui va jusqu’à faire entendre quelque chose de l’inconscient, peut ouvrir une porte vers un travail thérapeutique ultérieur, dans un autre lieu.


Pour quoi faire ?

Il s’agit au PAEJ d’un premier accueil qui permettra au jeune ou son parent de nous trouver comme point d’appui pour la mise en mouvement d’une élaboration et d’un savoir nouveau sur lui-même.

Ce hors champ permet à chacun de se décentrer d’un savoir précédent. Elle peut s’extraire du discours dans lequel elle se trouvait prise et parler en son nom. Pour accéder, par notre soutien, à une place d’où elle puisse trouver sa propre formule.


Cécile Herrmann-Lehuédé, psychologue clinicienne, Point Accueil Ecoute Jeunes du Pays de Lorient