Adapter le Point Ecoute Parents en développant la médiation audio-visuelle dans le contexte du premier confinement, reste une expérience marquante, voire inoubliable.

Les parents, les enfants m’ont ouvert les portes de leurs maisons en toute confiance et avec une envie pour passer le plus de temps ensemble, en Skype ou au téléphone. Il y avait une forte intensité, tout l’entourage familial était souvent à côté, prêt à participer. Le cadre temporel et les « murs-limites » habituels de nos bureaux ne se posaient donc plus avec évidence, comme dans le cadre d’entretiens en présentiel.

S’il n’a pas été rare de sentir le soulagement des parents à l’heure de la rencontre, tout n’a pas été paisible durant les entretiens réalisés. Chez quelques familles, les conflits sont vite apparus. Le grondement a été assez palpable pour ensuite exploser et prendre des formes plus radicales. Ces enfants ont été les premiers à revenir au bureau : le contact physique, de proximité, bien que masqué, est resté privilégier pour ces enfants et adultes.

Avec certaines familles, Il s’est créé aussi une sorte de lien-suivi par l’alternance de Skype, SMS, conversation téléphonique, mails, comme si ma disponibilité professionnelle m’avait réservée une place familière au sein de la vie de ces dernières, entre les parenthèses de « l’emprisonnement ».

La concentration professionnelle, pour répondre aux attentes de parents et enfants de tout âge, a été importante : les « canaux » d’échanges ont changé de paramètres, et il a fallu faire attention à ne pas induire de fausses notes ou de mauvaises interprétations…

Au terme de cette expérience inédite, quelle satisfaction professionnelle d’avoir pu proposer à ces familles une disponibilité et une qualité d’écoute dans un contexte si particulier.

Miléna METCHEV, Psychologue clinicienne,
Point Ecoute Parents